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Jour 89 : Les Zémidjans, les opportunités et la culture

Aujourd’hui est un bon jour pour reparler de ce sujet. Si vous êtes à Cotonou, vous savez surement pourquoi. Pour des raisons de sécurité, il n’y a plus beaucoup de zemidjan dans les grandes villes.

Je vais reprendre une question qu’un ami il y a quelques années : « Que va-t-il se passer si tous les Zemidjans arrêtaient de travailler ? » Crise nationale ? L’économie du pays sera en ralenti ? L’économie sera sur pause ?

Pour ceux qui ne sont pas de l’Afrique de l’ouest, précisément du Bénin, du Togo, du Nigéria, vous ne savez peut-être pas c’est quoi un ”Zémidjan”. Ils ont plusieurs noms selon les pays et ils ont surtout différentes valeurs culturelles selon les pays.

Les zémidjan sont des taxi-motos ; des conducteurs, le plus souvent en chemise jaune immatriculée qui font le tour des grandes et petites rues des villes et villages à la recherche de clients. Ils sont des milliers dans les villes, permettant à tous les citoyens, peu importe leur classe sociale et leur rang de se rendre à une destination donnée. C’est souvent le moyen de transport le plus efficace quand il y a trop d’embouteillages dans les grandes villes.

Les zémidjans n’ont pas d’heure de repos et ne connaissent pas non plus de jour férié. Quel que soit le temps qu’il fait, il suffit de s’arrêter au bord d’une route et de leur faire signe quand ils passent. Voilà brièvement ce que c’est que le Zémidjan ! Voilà brièvement la description des gens qui font rouler l’économie du pays à deux roues.

C’est tout un style de vie.

Il y a de ces conducteurs de taxis-motos qui, en plus de conduire, vous distraient, vous racontent des histoires et des blagues. Généralement on les considère comme des travailleurs de troisième zone mais ce qu’ils font pour nous est en réalité tellement grand qu’un seul jour sans leur noble tâche ferait perdre des millions à l’économie nationale. Le mépris dont ils font l’objet est tellement grand que des fois j’en suis triste.

Vous en penserez ce que vous voulez mais plus qu’un métier, c’est un style de vie, c’est tout un art. Un art parce qu’il ne relève pas de la compétence de tout le monde de connaître la cartographie complète d’une grande ville, de mémoriser les noms des nouveaux quartiers et nouvelles sociétés de référence, et d’avoir l’humeur et le mental assez solides pour distraire un client ou le supporter. Vous et moi savons comment on peut être des clients désagréables parfois.

Les remercions-nous à chaque fois qu’ils nous amènent à destination ? Peut-être pas ! Sommes-nous souriants et aimables avec eux ? Un sourire peut sauver des vies et j’en ai fait l’expérience… N’oublions pas que derrière ces ”maillots jaunes” se dissimule un homme, un frère, un père, espérant trouver de quoi se nourrir et/ou nourrir sa famille. Certains pays ont des métros, des RER, des TER, et il y a nous qui avons nos Zémidjans !

J’avoue être fier d’eux parce qu’ils sont de vrais modèles de vie, luttant contre la mauvaise humeur et le manque de motivation. Bien évidemment je n’encourage pas leur écart de comportement mais je pense ardemment que si les premiers gestes d’amour et de compréhension venaient des clients, ils s’amélioreront. Je leur souhaite de mieux se protéger et de travailler dans de meilleures conditions.

Puisqu’on en parle, pensez-vous que des entreprises comme Gozem dénaturent le métier des Zémidjans ? Je sais qu’avec cette startup, ils ont une assurance pour eux-mêmes et pour leur moto. Je sais aussi qu’ils leur permettent d’avoir des rendements sûrs et récurrents. Malgré tout ça, les Zémidjans sont sceptiques et vous et moi aussi. Le problème serait-il par rapport à ce type de startup ou c’est juste les Zémidjans et la population qui sont rigides face au changement ? Encore une discussion à mener quand on sera rassasié. En attendant, n’oubliez pas de mettre des casques et de respecter le code de la route. Ceci est le jour 89.

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