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Jour 16 : Mon histoire avec KYWA. Je vous explique.

Dans l’article du jour 13, je vous ai parlé de la discussion que j’ai eu avec mon petit frère par rapport au modèle de revenu. Ce que je n’ai pas dit dans l’article c’est que je n’ai pas raconté toute l’histoire à mon frère. Je n’ai pas voulu lui parler de mon expérience avec KYWA. Les raisons de la mise en pause de cette startup il y a deux ans, pourraient ne plus être valables. De plus, j’aurais eu tort de lui expliquer la complexité des modèles de revenus dans notre écosystème actuel (pour ce qui concerne les SAAS).

Par contre, je ne me suis pas gêné quand une amie m’a reproché d’avoir abandonné trop tôt KYWA ; je lui ai expliqué comment ça s’est passé.

  • Je lui ai montré comment c’est difficile de réussir avec une SAAS dans un pays où les services publics et les informations étaient encore gérés de façon traditionnelle. Je ne savais même pas comment ordonner et automatiser toutes ces informations. D’ailleurs ce n’était pas mon rôle ; c’est celle du gouvernement.
  • Je lui ai expliqué que sur un secteur comme celui des opportunités et des offres d’emploi, toutes les solutions (plateformes, chatbot, etc) se mettraient quasi systématiquement en concurrence avec l’ANPE (Agence Nationale de Promotion de l’Emploi).

Comment pouvez-vous lutter contre les agences d’états alors que vous n’avez ni le même budget, ni la même volonté politique?

  • Je lui ai aussi raconté comment nous avons discuté après plusieurs ateliers de design thinking et après avoir rencontré plusieurs de nos parties prenantes que les jeunes (ces mêmes jeunes qui cherchent des emplois et des opportunités) ne voulaient en aucun cas payer de l’argent pour avoir ce qu’ils considéraient comme dû. Peu importe qui leur vendait la solution, pour eux, c’est le rôle de l’Etat de leur trouver de l’emploi et des jobs. Par ailleurs, il est recommandé de ne rien payer pour candidater à une offre. C’est une disposition mise pour éviter les anarques en ligne. Soit !

Ce qui est assez étrange, c’est que les entreprises souffraient pour trouver de la compétence de qualité à recruter. Ils ont alors tendance à recourir à des chasseurs de têtes, à des cabinets d’intérim, ou à leur réseau. Dans tous les cas, ils perdaient du temps et beaucoup d’argent.

Toute analyse faite, je retiens que KYWA n’a pas eu le succès qu’il aurait voulu avoir parce qu’il n’avait ni le réseau (pour lui offrir des opportunités malgré ses débuts), ni les ressources pour supporter ses coûts le temps qu’il faudra, ni les faveurs du temps (timing). Fondamentalement, je continue de penser que KYWA est un projet en or qui a toutes les chances de marcher. En plus KYWA avait une bonne Stratégie de Produit. Dans les pays anglophones, j’aime beaucoup le travail de https://otta.com/ https://www.talent.io/ https://www.welcometothejungle.com/fr

Un des lecteurs m’a dit après avoir lu les derniers articles que le modèle de startup qui pourrait marcher en Afrique, c’est celui de Facebook. Un modèle bien jeune, bien marché de masse et bien axé sur la publicité. D’après lui, les africains ne sont pas réellement sensibles aux questions de données personnelles et de vie privé. Ils ne verraient donc pas d’inconvénient à regarder de la publicité s’ils veulent continuer à naviguer gratuitement.

« Le Béninois aime la gratuité et un peuple qui aime autant la gratuité, il n’y a que la publicité qui peut fonctionner sur lui »

Un lecteur

Je suis d’accord avec lui sur certains points et je vous mets en garde sur d’autres.

  • Advertising sucks ! Les publicités, ça fait chier ! Je ne connais pas une plateforme sur laquelle les utilisateurs ne sont pas dégoutés, quand ils sont entrain de scroller, et qu’une pub vient les interrompre. Quel que soit le format de pub proposé, ça casse l’ambiance. La plateforme qui essaie de rendre l’apparition de ces publicités normale possible c’est TikTok (je ferai peut-être un article sur le produit là). Pour ce qui est des publicités, il faut trouver une façon plus ludique et plus intelligente de les passer. s/o WE SCAN GIFT.
  • Pour que le modèle de revenu basé sur la publicité marche, il faut du volume en termes d’utilisateurs et un taux de churn très faible. Ce n’est pas avec 20 000 utilisateurs que vous allez séduire des annonceurs. De plus, vous devez avoir des données précises et fiables sur vos utilisateurs pour que les publicités soient pertinentes pour eux, et que les annonceurs y trouvent un intérêt.

« A quoi ça sert de faire une publicité que les gens ne voient pas et avec laquelle les gens n’interagissent pas ? »

ndlr
  • Qui finance tout ça ? Pour ce que j’ai vu jusqu’ici, il n’y a pas beaucoup d’investisseurs (et encore moins de banques) qui sont prêts à financer des modèles de startups comme Facebook. Le risque est trop grand et le marché pas assez mature. Même si vous arrivez à rassembler les ressources et l’équipe, il reste la question de la législation. Le jour où les députés votent des lois strictes pour protéger les données personnelles des béninois en ligne, alors le business prend un coup. Votre façon de montrer de la pub doit changer et pourrait ne plus marcher. Vous ne passerez pas loin d’amendes exorbitants. Regardez ce qui arrive aux GAFAM dans certains pays européens. Le struggle est réel !

J’ai envie de finir sur une note plus positive. Une startup qui réussit à s’en sortir sur des marchés tels que les nôtres à plus de chances de s’en sortir en Europe ou aux Etats Unis. Pas parce qu’ils sont mieux que nous mais parce que le marché est plus mature, plus structuré et plus dynamique. Si vos concurrents locaux ne décident pas de vous faire la misère, vous aurez toutes vos chances. D’ailleurs, je propose que les décideurs béninois pensent à créer un environnement plus favorisant pour les startups locale. Que le gouvernement ne soit pas un concurrent sur des services que des entreprises locales pourraient rendre et que les entreprises locales aient de meilleures conditions que les entreprises étrangères.  Ceci est le jour 16.

Cet article fait partie du Challenge des 100 jours d’écriture que je fais actuellement. J’ai créé une chaîne WhatsApp pour partager chaque jour les articles. J’aborde plusieurs thématiques, toutes tournant autour de l’entreprenariat, de la culture générale, des opportunités, des écosystèmes et d’épanouissement personnel. Si vous êtes curieux et que vous voulez voir de quoi il s’agit, cliquez sur le bouton en bas. A bientôt de l’autre côté.

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