Les Samedis Pizza de Cotonou

Les Samedis Pizza de Cotonou

Il peut arriver que des choses toutes simples et banales deviennent de grands projets. Parfois même, ces choses simples et banales peuvent devenir des projets tellement intéressants qu’ils nous empêchent de dormir. Je m’en vais jusqu’à dire que les grandes entreprises de ce monde sont nées après un constat, suivi duquel le porteur de projet a décidé de se lancer, ne serait-ce que pour voir où ça pourrait aller.

C’est le cas de ce que nous sommes en train d’appeler les #SamedisPizza. Tout est parti d’un tweet et c’est en train de devenir un mouvement mythique pour certaines personnes de Cotonou, Calavi et environs.

Le principe est de se réunir un samedi soir autour de tranches de pizza, de boissons et de bonne humeur. J’avoue que je n’avais rien prévu, j’ai twitté que je voulais inviter des personnes libres pour partager une pizza et ces personnes sont venues. Je voulais parler de la situation socio politique de mon village. Lol

Nous avons discuté de technologie, de la société actuelle, d’économie, de médecine et surtout d’entrepreneuriat. Au fil des éditions, on a vu des experts en communication, en programmation, des juristes, des auditeurs, des pharmaciens, des actuariens et bien d’autres profils. Nous rions beaucoup; nous balançons des blagues parfois drôles, parfois non; nous donnons notre avis sur des produits de tout genre. C’est bien ça la partie la plus intéressante…

Des porteurs de projets et des promoteurs de produits sont passés par notre évènement et, entre deux verres, ils ont présenté leurs idées ou leur produit. Sans même rien demandé, nous avons tous donné nos impressions sur sa présentation et sur son produit; nous lui avons dit si oui ou non nous sommes prêts à acheter son produit et pourquoi. J’en ai vu une opportunité à saisir : c’est un bon creuset pour discuter de nos différents projets, avoir les avis des experts, gratuitement et sans filtre. Des gens ont eu de nouveaux clients en participants au #SamedisPizza; d’autres sont repartis chez eux avec de bien meilleures idées et tout le monde a gardé un bon souvenir de ce moment passé avec de nouveaux amis, collègues, et clients.

C’est le seul endroit où on peut trouver des clients, des investisseurs, des partenaires, des experts, etc. à Cotonou

Je suis assez fier de ce concept . Je suis fier des personnes que j’ai rencontrées, ces célébrités que je ne connaissais qu’au travers de leur tweets. Je suis fier car je peux me vanter du résultat. Nous avons été environ 100 à partager des pizzas autour de cette table au fil des rencontres. Après autant de retours positifs sur l’initiative, j’ai envie qu’ensemble, nous pérennisons ce concept.

Je ne veux pas en faire quelque chose de formel : c’est tout sauf mon intention. Il faut que cela continue d’être une rencontre détendue pour se faire des amis, présenter un produit, améliorer sa carrière professionnelle et surtout que ça garde une touche participative. Chacun amène ce qu’il peut et ensemble nous passons un bon moment.

Qui a envie de parler boulot un samedi soir? Personne n’est-ce pas !? Mais nombreux sont ceux qui veulent sortir de chez eux, éliminer le stress et de surcroît rentrer avec de nouvelles connaissances. L’une de nos règles est de ne pas dépasser la vingtaine de participants. Nous allons toujours faire de notre mieux pour que ce samedi soir autour des pizzas et des boissons soit l’uns des meilleurs samedis soir de votre vie ou de votre carrière. La responsabilité ne me revient pas, elle revient à tous les participants et c’est ce qui le rend si génial, si parfait.

C’est tellement dommage que les soirées de réseautages soient si formelles et qu’on ne puisse pas se connecter à tout le monde. Chez nous, ce n’est pas le professionnel que vous êtes qu’on invite, c’est la personne que vous êtes qui nous intéresse en premier. Pour le reste, ça dépend de votre humeur. Nous n’en voulons plus de ces soirées trop formelles, avec un dresscode imposé, ou ces soirées trop festives après lesquelles on ne se souvient plus de ce qui s’est passé ! Peut-être que la prochaine plus innovante entreprise du pays est venue manger la pizza avec nous; n’est-ce pas Quatro?  Faites attention à mes tweets des Mercredis pour savoir où et quand. Ne venez jamais les mains vides et puis, pitié, venez avec votre sourire!

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Là où l’école va mal

Là où l’école va mal

Je regardais l’une des vidéos Youtube de  “La Classe 19” (https://www.youtube.com/channel/UCyMu4osUvlE8WsYy-aR06Pg ), la solution proposée par l’atelier béninois de design SWIITCH; une chose pourtant évidente m’est apparue en tête. Les vidéos étant animées par des professeurs certifiées dans leur domaine, la question ne se pose pas sur le contenu des cours (le fond) mais plutôt sur la manière (la forme) dont le cours est dispensé. 

Crédit: Agence SWIITCH

Qu’est-ce que j’ai à dire sur la forme? 

Est-ce que vous connaissez les vidéos “C’est pas sorcier” sur Youtube? Les anciens qui aiment les sciences doivent avoir vu l’une de ses vidéos au moins une fois. Si ce n’est pas le cas, vous devriez y faire un tour pour voir (https://www.youtube.com/user/cestpassorcierftv ). Ces vidéos m’ont aidé depuis le jour où je les ai découvertes en 3ème et elles continuent de m’aider. Je les ai toutes suivies. 

Il s’agit de vidéo faites sur des principes de physique ou chimie. C’est n’est pas des vidéos où on montre comment on factorise des identités remarquables ou encore des théorèmes de logarithme mais des vidéos dans lesquelles les animateurs montrent comment les phénomènes naturels ou artificiels se comportent: le pendule, les forces motrices, les moteurs, le courant électrique, etc. Ils donnent les explications avec des objets réels qu’on rencontre dans notre environnement immédiat et ils le font de la manière la plus simple et la plus stupide possible pour que, tant que tu comprends le français, tu puisses comprendre; même si tu es un “comprend-tard”

Donc? 

Je pense que les cours doivent être dispensés de cette manière-là. Dessiner des lignes sur un tableau pour expliquer aux étudiants comment les phénomènes physiques et chimiques se comportent, c’est difficile. Même si l’élève est un surdoué, on ne comprend que les choses qu’on peut illustrer dans notre tête. Si je ne sais pas ce qu’on appelle moteur à combustion, ne me demandez pas d’avoir de bonnes notes dans ce chapitre. Les personnes qui arrivent à s’imaginer le fonctionnement des choses, travaillent forcément mieux dans les matières les impliquant (Sauf pour autres raisons ). Les cours doivent être pensés pour comporter le plus d’illustrations réelles possible. Les livres ne suffisent pas. Certains professeurs n’arrivent pas à expliquer le cours de la manière la plus simple possible. Ce n’est pas la faute de l’élève si à son tour il ne comprend pas facilement. Ce n’est pas la faute des enseignants non plus parce qu’ils n’ont ni la pédagogie, ni les outils nécessaire pour faire des explications de ce type -je suppose. 

Démonstration sur l’imprimante 3D. Crédit IROKO FABLAB

Pour cela?

Il faut acquérir les équipements dont il va falloir apprendre l’utilisation aux professeurs et aux élèves. Il y a des ateliers de mécaniques, de menuiserie, de tresse, de maçonnerie… dans nos environnements immédiats. Le plus simple est d’organiser des sorties avec les élèves pour qu’ils voient comment on fait ci ou ça. Comment la physique et les mathématiques sont utilisées tous les jours par des personnes qui n’ont peut-être pas été autant à l’école qu’eux. Il y a des Fablabs, des espaces ouverts à tous où les étudiants pourraient voir ce qu’on appelle une imprimante 3D, comment on fait des robots, comment les voitures sont fabriquées, etc. Je n’invente rien. Ce sont des habitudes qui marchaient bien mais qui sont abandonnées actuellement.

Les sciences n’existent pas pour compliquer la vie mais pour la simplifier le plus possible.

Auteur inconnu

Durant tout mon cursus scolaire, je n’ai jamais regardé dans un microscope. Simplement parce que dans mon collège de l’époque il n’y avait pas de microscope. Je ne sais pas comment sont les microbes et les bactéries ou comment ils se comportent. Il y a des vidéos et des photos mais ça n’a pas la même valeur que ce que je vais voir de mes propres yeux.

Selon moi, il n’y a pas d’apprenant nul ou taré. Ce sont des personnes à qui les cours n’ont pas été dispensées de la meilleure manière.

Kelvin Agentk

Montrer c’est toujours mieux que raconter. D’ailleurs qui, ici, a compris du premier coup ceci: “Un solide (s) dans l’espace est en mouvement…” Je me suis toujours demandé où était ce fameux solide. Même aujourd’hui j’ai du mal avec cette phrase. Les sciences sont complexes et s’il faut mal les comprendre, ce n’est pas demain la veille de la naissance d’inventeurs africains hein!

J’espère que cet article vous a plu. Si c’est le cas, dites-le moi dans les commentaires et partagez cet article avec vos amis via les boutons de partage ci-dessous. Merci et à bientôt!

L’Afrique doit faire attention à cette révolution numérique

L’Afrique doit faire attention à cette révolution numérique

Lorsque nous parlons d’industrialisation de l’Afrique, il y a un point très intéressant que nous oublions toujours d’aborder. Est-ce par manque d’intérêt pour le sujet ou parce que personne n’a encore vu le danger imminent que cela représente ? Dans tous les cas, je vais en parler aujourd’hui et j’espère que cela atteindra les personnes qui peuvent réellement se pencher sur cette situation.

Cet article concerne les composants électroniques. Pendant longtemps (et même actuellement encore) on dit que l’Afrique à toutes ces chances de participer activement à cette révolution numérique. C’est vrai à 65 %. Ce n’est pas totalement vrai parce que le numérique ne concerne pas uniquement les applications mobiles et web. Il est vrai que beaucoup d’efforts sont en train d’être faits pour que tous les jeunes africains puissent comprendre l’informatique et même coder. Ce zèle observé pour le coding pourrait changer les choses surtout dans la réduction de la pauvreté, du chômage et de l’inégalité des genres. Mais cela ne suffira quand même pas. Voici quelques insuffisances que j’ai relevé :

1- Les logiciels qui sont ou qui seront construites par les développeurs africains vont vite rencontrer une difficulté.

Il n’y aura pas assez de « Device » pour contenir les applications. Un téléphone ne peut contenir qu’un nombre limité d’applications. Ce sera donc un combat contre des ronces dans une jungle. C’est difficile de trouver un modèle économique viable sur le long terme pour les solutions que nous créons, à cause de la présence étouffante des GAFAM.

2- Tout le monde veut devenir codeur mais plus personne ne veut fabriquer du matériel.

Lorsqu’on observe bien l’économie des pays qui sont leaders du numérique, on remarque qu’ils ont tous commencé par le matériel. Il faut bien que les logiciels restent dans un appareil, non ? Le Nigéria, le Ghana et dernièrement le Rwanda l’ont bien compris. Personne ne peut prétendre devenir leader dans le logiciel s’il n’est pas sûr que son logiciel soit installé sur un appareil ; et cette assurance, un jeune entrepreneur ne peut pas l’avoir à ses débuts. Les téléphones chinois, américains ou européens que nous utilisons viennent avec des applications préinstallées et gagnent des utilisateurs même sur le marché Africain. Quel type de concurrence peut-on faire dans ce cas ?

3- Les composants sont trop chères pour le commun des inventeurs

Pour revenir aux composants électroniques, je n’arrive pas justifier pourquoi ils sont autant chers et pourquoi aucune action concrète de démocratisation n’ait été entreprise jusque-là. Il n’y a pas presque pas de hackathon, de concours et de foires pour les solutions matériels africaines. Les outils du MIT que beaucoup de Fablabs utilisent ne sont pas suffisant. Ces outils sont destinés à de l’expérimentation et à l’éducation. Ils sont importants certes, mais pour de vrais projets, on aperçoit ses limites et on se sent toujours obliger de commander beaucoup de pièces en Chine ou ailleurs. De quelle révolution numérique parle-t-on ?

Il faut des centres de recherche équipés dans nos universités et dans nos villes. Les fablabs sont un bon début mais ils peinent tous à trouver des modèles économiques pérennes. Et sans argent, rien ne peut vraiment changer.

Vers qui devons-nous nous tourner à présent entant qu’entrepreneur ou acteur du numérique africain ? Vers les dirigeants ? Les investisseurs privés ou publiques ? Vers nous-même ?

N’oublions pas : « Le numérique n’est pas que le logiciel, c’est aussi le matériel »

Laissez vos différents commentaires pour que je nous continions la réflexion ensemble. N’hésitez pas à partager avec vos connaissances.

Make Africa 2019, un pas de plus en Afrique

Make Africa 2019, un pas de plus en Afrique

Aussi longtemps qu’il le faudra, je ne cesserai pas de le dire, les laboratoires de fabrication numérique (FABLAB) sont le meilleur moyen actuellement disponible pour démocratiser le numérique, pour réduire le gap numérique qui existe selon les régions et pour construire des villes intelligentes et résilientes. Si ces Fablabs sont si importants pour les écosystèmes digitaux en Afrique et au Bénin particulièrement, un festival réunissant la quasi totalité des Fablabs francophones de l’Afrique de l’ouest n’est-il pas le plus grand festival technologique de la sous-région ? Moi je pense que oui.

Le festival technologique Make Africa 2019 a pris place à Cotonou au Bénin du 12 au 16 novembre 2019 à l’institut français de Cotonou. Suite à l’impressionnante réussite de l’édition de 2018, les participants à ce festival ce sont encore donné rendez-vous pour se rencontrer, découvrir, échanger et apprendre. Le programme de ce grand rassemblement ce trouve dans le lien suivant : https://makeafrica.net/programme-2/ Plus de 20 laboratoires de fabrication numérique étaient présents, dont des fablabs ouest africain et français. Tous ont été réunis par le Réseau Francophone des Fablabs de l’Afrique de l’ouest (ReFFAO). Le ReFFAO est un réseau qui a été crée dans le but d’offrir une plateforme de collaboration de tous les Fablabs francophones de l’Afrique de l’ouest pour qu’ensemble ils puissent travailler sur des projets commun et pour permettre à chaque fablab de profiter de l’expérience des autres. Beaucoup de laboratoires ont été crée et beaucoup d’autres seront créés pour la démocratisation de la technologique et aussi pour utiliser les outils numériques dans l’éducation et dans l’artisanat.

Le premier projet que le ReFFAO a exécuté après l’édition 2018 du Make Africa est le laboratoire numérique Fair’Langue. C’est un Laboratoire numérique Tiers-Lieu du Réseau Francophone des FabLabs d’Afrique de l’Ouest (ReFFAO) pour favoriser l’apprentissage du français et l’accès à la formation. Ce laboratoire a pour objectif de créer une communauté ouverte d’apprenants pour renforcer les compétences en français par le biais de l’innovation numérique dans un espace d’apprentissage, de communication et de travail collaboratif.

La première journée a été marqué par un atelier de fabrication numérique à Blolab Porto-Novo et des ateliers Fair’Langues à l’institut français de Cotonou. Suivez à travers les différents tweets et photos , les moments forts du Make Africa

Dans la matinée du 13 novembre, il y a eu simultanément dans la matinée, des ateliers de modélisation et d’impression 3D à Iroko Fablab, la suite de l’atelier de fabrication numérique à Blolab Porto Novo et un atelier de formation : Do.Doc & OpenBadges aux membres du ReFFAO à Blolab Cotonou.

Dans la soirée, il y a eu le lancement officiel du Blolab Porto-Novo. C’était un évènement très marquant pour l’écosystème numérique du Bénin. La capitale administrative,la ville aux trois noms, peut maintenant se réjouir d’avoir un espace ouvert où toute sa communauté peut s’initier au numérique, prototyper, apprendre et partager. La cérémonie de lancement s’est faite en présence des membres du ReFFAO, des jeunes de la ville, des médias et des formateurs du centre.

Le 14 novembre, tous les participants du Make Africa se sont retrouvé à Canal Olympia où se déroule la Semaine du Numérique (SENUM), pour la cérémonie d’ouverture du Make Africa. Pendant ce temps à l’institut français de Cotonou, les enseignants se sont retrouvés dans l’auditorium pour faire des Pitch Problèmes et un atelier. Il était question de les préparer à trouver des solutions aux différents défis qu’ils rencontrent. Toujours à l’institut français, un atelier de fabrication numérique pour les nuls se déroulait pendant que dans la classe mobile, il y a avait un autre atelier avec des élèves.

Dans l’après-midi, après les ateliers et le lancement du Make Africa à Canal Olympia, les participants ont rejoints la paillote de l’institut français pour le lancement local du festival . Ce lancement a marqué le début des différentes conférences publiques, des ateliers et des démonstrations jusqu’au Samedi 16 novembre. Suite à leur formation et hackathons, les enseignants ont fait des pitchs projets. Ces pitchs leur ont permis de présenter leur travail aux participants du festival. A l’issu des pitchs et de la délibération des jurys, les trois écoles retenues sont dans cet ordre : Complexe scolaire Petit Poucet, Collège Saint Joséphine,Collège catholique Saint Jean de Cotonou.

Après que chaque école ait reçu son prix, la cérémonie de clôture du Make Africa a commencé. Les différents organisateurs ont pris la parole pour remercier les participants pour leur présence et leur implication dans la réussite du Make Africa. Ils se sont donnés rendez-vous pour l’année prochaine, après que le président du ReFFAO, Monsieur Médard Agbayazon soit venu présenté les différents projets du ReFFAO au Maker Fair de Paris.

Après la clôture, du Make Africa 2019, les participants ont déjeuné et sont parti visiter le Blolab Cotonou et Iroko Fablab.