KELVIN AGENTK

Développement – Economie – Gouvernance du point de vue d'un jeune africain

Zémidjan : les transporteurs

La dernière fois, un ami m’a posé une question que je vais vous poser à mon tour. Que se passerait-il si les Zémidjan arrêtaient de travailler ? Imaginez un instant ce qui se passerait. La catastrophe n’est-ce-pas ?

Pour ceux qui ne sont pas de l’Afrique de l’ouest, précisément du Bénin, du Togo, du Nigéria, vous ne savez peut-être pas qui sont ces  »Zémidjan ». Ce sont des taxi-motos ; des conducteurs, le plus souvent en chemise jaune immatriculé qui font le tour des grandes et petites rues des villes et villages à la recherche de clients. Ils sont des milliers dans les villes, permettant à tous les citoyens, peu importe leur classe sociale et leur rang de se rendre à une destination donnée. C’est souvent le moyen le plus efficace quand il y a trop d’embouteillage dans les grandes villes. Ils n’ont pas d’heure de repos, ni ne connaissent de jour férié. Quel que soit le temps qu’il fait, il suffit de s’arrêter au bord d’une route et de leur faire signe quand ils passent. Voilà brièvement ce que c’est que le Zémidjan !


Il y a de ces conducteurs de taxis-motos qui autre que conduire, vous distraient, vous racontent des histoires et des blagues… Généralement on les considère comme des travailleurs de troisième zone mais ce qu’ils font pour nous est en réalité tellement grand qu’un seul jour sans leur noble tâche ferait perdre des millions à l’économie nationale. Le mépris dont ils sont objets est tellement grand que des fois j’en suis triste. C’était peut-être au départ la dérivée du sous-développement dans les pays mais actuellement c’est plus qu’un métier, c’est tout un art. Un art parce qu’il ne relève pas de la compétence de tout le monde de connaître la cartographie complète d’une grande ville, de mémoriser les noms des nouveaux quartiers et nouvelles sociétés de référence, et d’avoir l’humeur et le mental assez solide pour distraire un client ou le supporter.Les remercions-nous à chaque fois qu’ils nous amènent à destination ? Peut-être pas ! Sommes-nous souriant et aimable avec eux ? Un sourire peut sauver des vies et j’en ai fait l’expérience… N’oublions pas que derrière ces  »maillots jaunes » se dissimule un homme, un frère, un père, espérant trouver de quoi se nourrir et ou nourrir sa famille.  Des pays ont des TGV, des métros, des bus publics, nous, nous avons en plus les Zémidjan !

J’avoue être fier d’eux parce qu’ils sont de vrais modèles de vie, luttant contre la mauvaise humeur et le manque de motivation. Bien évidemment je n’encourage pas les écarts de comportement de ces derniers mais je pense ardemment que si les premiers gestes d’amour et de compréhension venaient des clients, ils s’amélioreraient. Je souhaite aussi la mutation de ce secteur vers des services plus diversifiés et une constante conformité avec l’évolution des techniques et des technologies.
Je vous dis à bientôt pour un nouvel article. Je vous aime. Ciao !

Kelvin

2 réflexions sur « Zémidjan : les transporteurs »

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